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La menopause et la course a pied

Écrit par cafadmin on .

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Comme les grossesses, cette période de la vie de la femme, incontournable, est un sujet qui revient souvent dans les échanges sur les forums : « est ce que ça aide de courir ? », « vais-je pouvoir continuer à courir ? », « comment limiter la prise de poids à cette période ? »…

Afin d’être la plus complète possible, je vais tout d’abord rappeler quelques bases fondamentales qui vous aideront, je l’espère, à comprendre cette période quelque fois difficile à vivre.

Comme je suis une littéraire, un peu d’étymologie : le mot ménopause signifie tout simplement « arrêt des règles ». Il vient du latin médical menopausis, venant lui-même du grec meniaia pour menstrues, et aussi meniaios « qui dure un mois ».

Comme je suis aussi historienne dans l’âme, un peu d’histoire de la médecine : avec une espérance de vie plus courte qu’aujourd’hui, on pourrait imaginer que les anciens ne connaissaient pas la ménopause. Et pourtant les femmes de 80 ans et plus ont toujours existé. Concernant l’âge de la ménopause, Aristote disait déjà au IVème siècle avec JC : « les règles disparaissent chez la plupart des femmes de la quarantaine et quand elles durent plus longtemps, elles subsistent jusqu’à cinquante ans. A ce moment là, quelques femmes ont eu des enfants, mais jamais plus tard. » Pour Hippocrate, l’âge de la ménopause se situe vers 42 ans et pour Pline vers 40 ans. Après un moyen age assez obscurantiste fait de croyances plutôt anti-féminines, Simson au 18° siècle émet l’hypothèse que la vieillesse provoque une augmentation des résistances utérines à l’écoulement du sang, responsable de l’arrêt définitif des règles. Fothergill développe la théorie suivante : « les règles disparaissent quand elles ne sont plus nécessaires ». Il faut attendre le 20° siècle et la découverte des hormones pour que le mystère de la ménopause soit pleinement découvert.

La ménopause

C’est donc l’arrêt des règles. Elle apparaît vers l’âge de 50 ans mais bien sur ce n’est qu’une moyenne avec des variations individuelles (en général entre 47 et 51 ans). Par contre un seul facteur susceptible d’influer sur l’âge de survenue de la ménopause est confirmé : le tabagisme. Les grandes fumeuses ont une ménopause plus précoce que les autres. Le côté héréditaire n’est pas réellement prouvé au niveau médical mais il peut être une indication intéressante.

Il y a 2 grandes catégories de manifestations qui sont les fonctionnelles et les psychiques.

Les manifestations fonctionnelles de la ménopause sont :

- l’arrêt des règles

- les bouffées de chaleur

L’activité physique peut déjà jouer un rôle important dans ce domaine puisqu’on a remarqué que les femmes la pratiquant régulièrement ont 2 fois moins de bouffées de chaleur que les femmes sédentaires.

Les troubles psychiques :

- les troubles du sommeil

- la diminution de la libido

- les troubles de la mémoire

- les rhumatismes de la ménopause

Les conséquences de ces bouleversements sont nombreuses, les plus connues étant au nombre de 4 qui nous allons développer rapidement ici :

- conséquence sur le système cardio-vasculaire : la protection contre les accidents cardio-vasculaires dont bénéficient les femmes disparaît petit à petit au moment de la ménopause. Cela est dû à l’augmentation du cholestérol et des triglycérides dans le sang. Le « mauvais cholestérol » se dépose sur les artères et risque à long terme de les obstruer.

- L’ostéoporose : le squelette est à la fois la structure qui soutient notre corps et une sorte de banque de calcium pour notre organisme. Plus les muscles seront développés, plus la masse osseuse sera importante. A partir de ces constatations, on comprend aisément l’intérêt d’avoir un apport journalier en calcium de qualité et de pratiquer une activité physique régulière comme la course à pied mais aussi la marche rapide ou la natation bien sur.

- L’incontinence urinaire d’effort : elle est fréquente à partir de 50 ans. La ménopause n’en est pas la seule cause (on a vu dans un autre article qu’une absence de rééducation périnéale au moment des accouchements pouvait l’engendrer à court ou moyen terme). Il est important de le signaler à son médecin. En effet un quart seulement des femmes osent consulter pour ce problème. Comme souvent cela les bloque pour continuer à pratiquer leur activité sportive, malgré toutes les conséquences bénéfiques qu’elles pourraient en tirer à ce moment de leur vie, on comprend l’importance d’un dépistage et d’une prise en charge.

- La prise de poids : Les études ont montré que, contrairement à ce que l’on pourrait croire, la prise de poids ne s’accentue pas à la ménopause mais elle est déjà enclenchée avant que celle-ci n’intervienne. Elle est due à une diminution du métabolisme basal (les dépenses énergétiques de l’organisme). Ce métabolisme est lié à la quantité de masse maigre (les muscles), donc plus les muscles diminuent de volume, plus le métabolisme diminue. Il entraînera alors une prise de poids. La pratique régulière d’une activité physique ralentit ce mécanisme. Il est aussi nécessaire de suivre un régime adapté. Mais nous ne parlons pas de régime au sens « magazine féminin » numéro d’avril ou mai… Il s’agit plutôt d’une redéfinition de son alimentation adaptée à son évolution physique. La prise de poids peut s’expliquer aussi par une carence oestrogénique. Elle est responsable d’une diminution de la masse maigre au profit de la masse grasse et cette graisse aura tendance à s’accumuler au niveau du ventre. C’est là qu’intervient l’intérêt du traitement hormonal substitutif. Il est important de rappeler ici que ce traitement doit être adapté ! Comme chaque grossesse, chaque accouchement est différent, chaque ménopause est différente. Les désagréments d’un sur ou sous-dosage peuvent être encore plus importants qu’une ménopause sans traitement.

Cet article n’a pas la prétention de traiter de la ménopause dans sa globalité, une littérature abondante existe et vous trouverez sans aucune difficulté de nombreux ouvrages que vous soyez pro-hormones ou pro-naturel. Une chose est sure : la pratique d’une activité physique régulière peut vous aider à passer cette période à laquelle, quoi que vous fassiez, vous n’échapperez pas. Le mieux bien sur est de commencer le plus rapidement possible sans attendre la cinquantaine puisqu’il sera bien sur plus dur de vous y mettre à ce moment là. Mais le témoignage de Mireille (en page d’accueil) vous prouvera qu’il n’y a pas d’âge pour commencer ! De plus il est important de rappeler que la pratique régulière de la course à pied ne veut pas dire un marathon tous les 2 mois… Des footings à un rythme tranquille 2 à 3 fois par semaine seront amplement suffisant pour commencer.

Peut être aurez-vous envie de continuer et d’aller plus loin ? Marie Claudia Noyel et 90 printemps courait encore un 24h en juin dernier alors vous voyez !!!

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Participant à cette conversation

  • Invité (Sylviane2)

    J'ai tjs fait du sport, plus jeune en compet. Je me suis mise par hasard au triathlon il y a 3 ans et je compte attaquer ma 4ème saison avec tjs la même maxime " tu pars, t'arrives ". J'ai 47 ans alors plus question de chrono, juste le plaisir de se faire plaisir et de rester dans l'ambiance des compets sans rechercher l'exploit. Je m'éclate aussi régulièrement à l'accrobranche et au canyoning. Un petit raid entre copines pour le gueuleton qui suit.Pour mon entourage (professionnel) je passe pour une extra terrestre mais au milieu des autres, jeunes et moins jeunes, je sais que je suis à ma place et ça n'est que du bonheur

  • Invité (Christibe)

    J'ai 51 ans,j'ai tjs fait du sport, basket,jogging, aérobic, fitness et danse orientale (et oui c'est du sport et ça fatigue!!)Je cours en forêt, j'adore ça! Avec mon app photo! et mon MP3, c'est un peu lourd mais c'est comme ça que j'aime courir, seule aussi. Le pb, c'est que, est ce la ménopause :(, j'ai de plus en plus de mal à partir, à m'y mettre, je le veux mais n'y arrive pas. Aujourd'hui, j'ai le temps, il fait beau, allez je mets mes baskets et je fonce, ça fait plusieurs mois que je n'ai pas couru,je vous dirai ce que j'ai ressenti.

  • c est vrai j ai 52 ans et cet fin d hiver apres 2 entores j ai de la peine a reprendre un rythme....je voudrais de nouveau courir 2 fois 1h par semaine mais je dois me motiver est ce normal??? et que puis je faire j ai une anemie depuis tres longtemps et la je suis en bas donc je prends du fer et je manque d envie de motivation!!!je suis fatiguee avez vous un petit truc contre cela???

  • Invité (vivi)

    j ai 54ans etje cours depuis 10ans,tranquille jusque l an passè ou mon mari etdécédé alors je m entraine plus regulierement,a tel point que je me classe tres souvent parmi les3premieres v2* BELLES REVANCHE A CETTE FOUTUE VIE Je prend de plus en plus du plaisir j espere pouvoir continuer encore longtemps et me faire de nouvelles amies ;j habite pres de caen!un grand clin d oeil a toutes vous avez la patate? BRAVO A LA CINQUANTAINE

  • je fais feter mes 42 ans, et je cours depuis six mois, et vos messages me motivent a savoir j ai du temps devant moi pour progresser, bravo les filles!